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	<title>Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</title>
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	<description>La plume au service de la vérité et de l&#039;espérance</description>
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	<title>Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</title>
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		<title>De la novlangue aux algorithmes : Orwell, Popper et les nouveaux mécanismes de désinformation</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Jul 2026 17:44:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La multiplication des travaux académiques sur la désinformation numérique depuis 2016 a produit une littérature abondante en sciences de l’information et de la communication, en sociologie des médias et en sciences politiques.</p>
<p>L’article <a href="https://foussenitogola.online/2026/07/22/de-la-novlangue-aux-algorithmes-orwell-popper-et-les-nouveaux-mecanismes-de-desinformation/">De la novlangue aux algorithmes : Orwell, Popper et les nouveaux mécanismes de désinformation</a> est apparu en premier sur <a href="https://foussenitogola.online">Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Le présent article propose une lecture épistémologique de&nbsp;<em>1984</em>&nbsp;de George Orwell (1949) appliquée à l’analyse des mécanismes contemporains de désinformation numérique. En croisant la grille orwellienne (novlangue, Ministère de la Vérité, réécriture du passé ) avec le rationalisme critique de Karl Popper, notamment son principe de falsifiabilité et sa théorie de la société ouverte, nous montrons que&nbsp;<em>1984</em>&nbsp;ne constitue pas seulement une œuvre littéraire d’anticipation, mais un instrument analytique opérationnel pour comprendre les écosystèmes d’information contemporains. L’article examine trois mécanismes identifiés par Orwell&nbsp;: la réduction lexicale, la gestion institutionnelle de la vérité et la falsification du passé. Il les confronte à des phénomènes documentables dans l’environnement informationnel numérique (plateformes, algorithmes, intelligence artificielle générative). Il conclut que la réponse à la désinformation exige une épistémologie de combat fondée sur la réfutation critique, la traçabilité des sources et l’éducation à la pensée critique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core"><strong>Abstract</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">This article proposes an epistemological reading of George Orwell’s 1984 (1949) applied to the analysis of contemporary digital disinformation mechanisms. By combining Orwell’s analytical framework — Newspeak, the Ministry of Truth, and the rewriting of the past — with Karl Popper’s critical rationalism, particularly his falsifiability principle and theory of the Open Society, we argue that 1984 constitutes not merely a literary work of anticipation but an operational analytical instrument for understanding contemporary information ecosystems. The article examines three mechanisms identified by Orwell and confronts them with documentable phenomena in the digital information environment (platforms, algorithms, generative artificial intelligence). It concludes that the response to disinformation requires a combative epistemology grounded in critical refutation, source traceability, and education in critical thinking.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core"><strong>1. INTRODUCTION</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">La multiplication des travaux académiques sur la désinformation numérique depuis 2016 a produit une littérature abondante en sciences de l’information et de la communication, en sociologie des médias et en sciences politiques. Ces travaux ont principalement porté sur les mécanismes de diffusion des fausses informations (Vosoughi, Roy &amp; Aral, 2018), sur les effets des chambres d’écho algorithmiques (Pariser, 2011 ; Sunstein, 2017) et sur les stratégies de manipulation électorale (Benkler, Faris &amp; Roberts, 2018). En revanche, la dimension proprement épistémologique du phénomène, c’est-à-dire la manière dont la désinformation affecte les conditions de possibilité de la connaissance elle-même, a été moins systématiquement traitée.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Le présent article s’inscrit dans ce champ de recherche en proposant un dialogue entre deux corpus théoriques que la littérature académique a rarement mis en relation&nbsp;: l’œuvre d’Orwell, et notamment son roman&nbsp;<em>1984</em>&nbsp;(1949), et la philosophie des sciences de Karl Popper, en particulier son principe de falsifiabilité (Popper, 1934/2006) et sa théorie de la société ouverte (Popper, 1945/1979). Notre hypothèse centrale est la suivante&nbsp;: les mécanismes de manipulation de l’information décrits par Orwell dans un contexte totalitaire fictif préfigurent avec une précision remarquable les stratégies contemporaines de désinformation numérique, et leur articulation avec l’épistémologie poppérienne fournit un cadre analytique opérationnel pour les comprendre et les combattre.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">L’article est structuré en quatre sections&nbsp;: après une présentation du cadre théorique (section 2), nous analysons successivement les trois mécanismes orwelliens (la novlangue (section 3), le Ministère de la Vérité (section 4) et la réécriture du passé (section 5)) avant de proposer, en conclusion, les éléments d’une épistémologie de combat adaptée à l’environnement numérique contemporain (section 6).</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-black-color has-alpha-channel-opacity has-black-background-color has-background is-style-wide"/ data-block-type="core">



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core"><strong><em>Pour lire l&rsquo;intégralité de cette publication vous pouvez vous rendre sur <a href="https://www.researchgate.net/publication/410698601_De_la_novlangue_aux_algorithmes_Orwell_Popper_et_les_nouveaux_mecanismes_de_desinformation">Researchgate</a>. </em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://foussenitogola.online/2026/07/22/de-la-novlangue-aux-algorithmes-orwell-popper-et-les-nouveaux-mecanismes-de-desinformation/">De la novlangue aux algorithmes : Orwell, Popper et les nouveaux mécanismes de désinformation</a> est apparu en premier sur <a href="https://foussenitogola.online">Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</a>.</p>
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		<title>Hyperconnexion, désinformation et déshumanisation : vers une épistémologie critique de la société en crise</title>
		<link>https://foussenitogola.online/2026/07/19/hyperconnexion-desinformation-et-deshumanisation-vers-une-epistemologie-critique-de-la-societe-en-crise/</link>
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		<pubDate>Sun, 19 Jul 2026 07:46:44 +0000</pubDate>
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<p>L’article <a href="https://foussenitogola.online/2026/07/19/hyperconnexion-desinformation-et-deshumanisation-vers-une-epistemologie-critique-de-la-societe-en-crise/">Hyperconnexion, désinformation et déshumanisation : vers une épistémologie critique de la société en crise</a> est apparu en premier sur <a href="https://foussenitogola.online">Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">La formule de Huchon et Schmidt, «&nbsp;<em>la crise de l&rsquo;information est d&rsquo;abord le signe d&rsquo;une société en crise&nbsp;</em>», constitue le point de départ d&rsquo;une réflexion sur les effets épistémiques et sociaux de l&rsquo;hyperconnexion contemporaine. Cet article examine comment les technologies de l&rsquo;information et de la communication, et en particulier l&rsquo;intelligence artificielle, produisent simultanément des avancées en matière d&rsquo;accès à la connaissance et des régressions profondes dans la qualité du lien social et de la pensée critique. S&rsquo;appuyant sur des observations empiriques tirées du contexte malien, notamment la transformation du grin comme espace de sociabilité, et mobilisant les ressources conceptuelles du rationalisme critique de Karl Popper, de Bachelard et de Bouveresse-Quilliot, l&rsquo;article montre que l&rsquo;individualisme forcené engendré par les réseaux sociaux constitue le terreau structurel des fake news. Il propose une refondation de l&rsquo;humanisme fondée sur un usage rationnel et critique des outils numériques, seul rempart contre l&rsquo;aliénation de l&rsquo;intelligence humaine par ses propres créations.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core"><strong>ABSTRACT</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">The formula coined by Huchon and Schmidt — &lsquo;the information crisis is first and foremost a sign of a society in crisis&rsquo; — serves as the starting point for a reflection on the epistemic and social effects of contemporary hyperconnectivity. This article examines how information and communication technologies, and artificial intelligence in particular, simultaneously produce advances in access to knowledge and profound regressions in the quality of social bonds and critical thinking. Drawing on empirical observations from the Malian context — notably the transformation of the grin as a space of sociability — and mobilising the conceptual resources of Karl Popper&rsquo;s critical rationalism, Bachelard and Bouveresse-Quilliot, the article shows that the rampant individualism generated by social networks constitutes the structural breeding ground for fake news. It proposes a refounding of humanism based on a rational and critical use of digital tools, as the only bulwark against the alienation of human intelligence by its own creations.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Pour l&rsquo;intégralité de cet article, rendez-vous sur <a href="https://www.researchgate.net/publication/408720969_Hyperconnexion_desinformation_et_deshumanisation_vers_une_epistemologie_critique_de_la_societe_en_crise" target="_blank" rel="noreferrer noopener">reasearchgate</a>. </p>
<p>L’article <a href="https://foussenitogola.online/2026/07/19/hyperconnexion-desinformation-et-deshumanisation-vers-une-epistemologie-critique-de-la-societe-en-crise/">Hyperconnexion, désinformation et déshumanisation : vers une épistémologie critique de la société en crise</a> est apparu en premier sur <a href="https://foussenitogola.online">Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</a>.</p>
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		<title>Désinformation et crise sociale : l&#8217;homme connecté contre l&#8217;homme pensant</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 09:30:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les technologies de l'information étaient censées nous rapprocher, nous émanciper, nous éclairer. Elles font le contraire : elles nous isolent les uns des autres, nous noient sous les fausses informations et érigent l'opinion en vérité. Ce n'est pas une crise de l'information. C'est une crise de l'humanité.</p>
<p>L’article <a href="https://foussenitogola.online/2026/07/10/desinformation-et-crise-sociale-lhomme-connecte-contre-lhomme-pensant/">Désinformation et crise sociale : l&rsquo;homme connecté contre l&rsquo;homme pensant</a> est apparu en premier sur <a href="https://foussenitogola.online">Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core"><strong><em>Les technologies de l’information étaient censées nous rapprocher, nous émanciper, nous éclairer. Elles font le contraire : elles nous isolent les uns des autres, nous noient sous les fausses informations et érigent l’opinion en vérité. Ce n’est pas une crise de l’information. C’est une crise de l’humanité.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">« <em>La crise de l’information est d’abord le signe d’une société en crise.</em> » Thomas Huchon et Jean-Bernard Schmidt, auteurs d’<a href="https://www.conspiracywatch.info/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><em>Anti fake news</em></a>, formulaient ainsi, avec une économie de mots saisissante, le diagnostic de notre époque. Non pas une crise parmi d’autres, une crise sectorielle, technique, conjoncturelle. Mais une crise organique, qui touche à ce que nous sommes, à la manière dont nous communiquons, à la façon dont nous formons nos croyances et décidons de ce qui est vrai.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Cette crise, nous la vivons chaque jour. Mais nous la vivons si intimement, si naturellement intégrée à nos habitudes, que nous en avons perdu la conscience aiguë. Il faut parfois la nommer pour la voir.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">Dans le grin, personne ne parle plus</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Prenons un exemple concret, ancré dans la réalité malienne que je connais. Dans un grin, ce cercle d’amis, cet espace de convivialité et de parole qui est l’une des institutions les plus précieuses de nos sociétés sahéliennes, quelque chose a changé. Là où se tenaient autrefois des discussions animées, des échanges sur la politique, la famille, le quartier, l’actualité, règne désormais un silence étrange. Un silence peuplé de regards baissés vers des écrans.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Chacun scrolle sur Facebook, TikTok, Instagram. Certains écoutent des vocaux dans un groupe WhatsApp. Pour les femmes, c’est souvent Snapchat. On est ensemble. Physiquement présents dans le même espace, souvent depuis des années, et pourtant profondément séparés. On devient plus proches de ceux qui nous sont éloignés et plus éloignés de ceux qui nous sont pourtant proches.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Cette image du grin silencieux n’est pas anecdotique. Elle est le symptôme visible d’une transformation profonde de la sociabilité humaine, celle-là même que <a href="https://saheltribune.com/le-progres-contre-lhomme-chronique-dune-depossession-annoncee/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Sahel Tribune décrivait récemment comme une chronique d’une dépossession annoncée</a>. Les technologies de communication, au lieu de nous rapprocher, nous éloignent chaque jour un peu plus. Ce n’est pas un paradoxe. C’est leur logique propre. Elles créent de la proximité virtuelle pour mieux occuper l’espace de la proximité réelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">La discussion comme rempart, et son effacement</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Ce recul de la conversation n’est pas une perte de confort social. C’est une catastrophe épistémologique et politique. Renée Bouveresse-Quilliot, dans son ouvrage <a href="https://shs.cairn.info/article/HERM_016_0271?lang=fr&#038;ID_ARTICLE=HERM_016_0271" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><em>Karl Popper ou le rationalisme critique</em></a>, formulait une vérité que l’on devrait inscrire en lettres d’or : « <em>la discussion est l’antidote à la guerre</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">La discussion, le vrai dialogue, celui où l’on s’écoute, où l’on se contredit, où l’on cherche ensemble quelque chose de plus grand que soi, est le mécanisme fondamental par lequel les sociétés humaines fabriquent de la cohésion, traitent leurs conflits et s’approchent de la vérité. Karl Popper en avait fait la pierre angulaire de sa philosophie : la connaissance progresse non par accumulation de certitudes, mais par la confrontation critique des idées.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Quand cette discussion disparaît, remplacée par le monologue du scroll, par l’écho de la chambre algorithmique, par la <a href="https://scienceupfirst.com/misinformation-101/are-you-in-a-filter-bubble-or-an-echo-chamber/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">bulle de filtre</a> qui ne renvoie que ce que l’on pense déjà, c’est le fondement même de la vie commune qui s’effondre. Une société où les individus ne se parlent plus, ne se contredisent plus, comment peut-on espérer qu’ils se comprennent ? Et comment peut-on espérer que la vérité y circule encore librement ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">L’individualisme forcené et la fabrique du faux</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Le corollaire de cette désintégration de la communication interpersonnelle est l’installation d’un individualisme forcené. Chacun croit ce que lui disent ses réseaux sociaux, et à rien de plus. On fait davantage confiance à un personnage fictif inventé par un bot qu’au voisin, au frère ou au père. La caution de l’écran a remplacé la caution de la relation.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Nous entrons ainsi dans l’ère de la surestimation de soi. Le toujours-c’est-moi-qui-sais-le-mieux. L’autre est en retard, dépassé, mal informé. Nous sommes à l’époque des intellectuels en carton. Plus on se croit détenteur de la connaissance, plus on s’en éloigne. Celui qui croit maîtriser ces nouveaux outils et avale, comme des versets révélés, tout ce qu’il y apprend, creuse profondément son propre fossé d’ignorance.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">C’est précisément ce que Socrate avait compris il y a vingt-cinq siècles, et que nous redécouvrons aujourd’hui à nos dépens : la pire forme d’ignorance est celle qui ne se connaît pas elle-même. Nous sommes tellement noyés de fausses informations venant de tous les côtés que nous ne savons plus où se trouve le vrai. La vérité a tellement cohabité avec l’opinion qu’on a fini par les confondre.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">Quand l’opinion prend la place de la vérité</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Au fil du temps, les uns et les autres semblent se sentir mieux dans les opinions que dans la vérité. La raison en est simple et redoutable : l’opinion qui confirme nos croyances est plus apaisante qu’une vérité qui les contredit. Le cerveau humain, câblé pour la cohérence et le confort cognitif, préfère la flatterie de la confirmation au dérangement de la réfutation.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Les algorithmes des plateformes ont compris cela, et l’ont industrialisé. Ils ne cherchent pas à nous informer. Ils cherchent à nous maintenir en ligne. Et ce qui maintient l’attention, c’est l’émotion : la colère, la peur, l’indignation, le sentiment de supériorité. La désinformation est émotionnellement efficace. Elle nous donne raison contre le monde. Elle nous rend intelligents sans effort. « <em>Nous sommes devenus esclaves d’outils tellement perfectionnés que nous n’en saisissons plus le mode de fonctionnement. Ce sont bien des « boîtes noires ».</em> », expliquent Marc Dugain et Christophe Labbé, dans <a href="https://maisouvaleweb.fr/lhomme-nu-la-dictature-invisible-du-numerique-marc-dugain-et-christophe-labbe-chronique/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><em>L’homme nu : la dictature invisible du numérique</em></a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Voilà le vrai danger. Non pas que les gens soient stupides, ils ne le sont pas. Mais que les conditions dans lesquelles ils reçoivent l’information rendent la pensée critique structurellement défavorisée. La contradiction, ce véritable moteur de transformation et de progrès intellectuel, n’est plus la bienvenue. À sa place, on installe le dogmatisme : toujours se sentir détenteur de la vérité, au détriment de l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Les fake news ne sont pas la cause de cette crise. Elles en sont la conséquence. Elles prospèrent dans le terrain que prépare l’individualisme forcené — le même terrain qui, au Mali, a récemment permis à <a href="https://saheltribune.com/monnaie-commune-de-laes-quand-la-desinformation-revele-une-aspiration-populaire/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">un faux communiqué sur une monnaie commune de l’AES de circuler massivement avant d’être démenti</a>. Un terrain où chacun est convaincu de savoir, où personne ne doute, où la vérification est perçue comme une offense à l’intelligence personnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">Refonder l’humanisme à l’ère des machines</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Face à ce phénomène dont souffrent nos sociétés, une réponse s’impose : refonder l’humanisme sur de nouvelles bases. Non pas rejeter les technologies, elles offrent des possibilités inédites d’accès à la connaissance, à l’éducation, au monde. Mais refuser de leur abandonner sans condition ce qui a toujours fait la beauté de l’humanité : la capacité à penser, à douter, à dialoguer, à se contredire.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Comme le remarquent Marc Dugain et Christophe Labbé, les big data ont « <em>ouvert la boîte à Pandore</em> » en mettant en concurrence l’homme et les machines. « <em>Tout allait bien sur la planète Soror. Nous avions des machines pour faire les tâches les plus simples et, pour les autres, nous avions dressé des grands singes</em>, fait dire Pierre Boulle à l’un des personnages de son roman La Planète des singes. <em>Pendant ce temps, nous avons cessé d’être actifs physiquement et intellectuellement, même les livres enfantins ne nous intéressaient plus. Et, pendant ce temps, ils nous observaient.</em> », citent Marc Dugain et Christophe Labbé dans leur ouvrage.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Si l’homme renonce à l’exercice de la raison, s’il troque son intelligence contre l’intelligence artificielle, sa parole contre le scroll, son jugement contre l’algorithme, il ne conquiert pas le monde. Il se laisse conquérir par ses propres outils. Et dans cette aliénation, la vérité, que l’homme a pourtant cherchée depuis ses origines, sera définitivement perdue de vue. À sa place, l’opinion ou le mensonge sera érigé en vertu. L’homme vertueux sera celui qui sait agréablement mentir.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">L’éducation est ici le premier rempart — celle dont <a href="https://saheltribune.com/tribune-danger-nouvelles-technologies-habitudes-lecture-jeunes/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Sahel Tribune alertait déjà sur le danger des nouvelles technologies sur les habitudes de lecture chez les jeunes</a>. Non l’éducation comme transmission de contenus, cette conception est aujourd’hui dépassée par la masse des informations disponibles, mais l’éducation comme formation du jugement. Apprendre à un enfant à vérifier une source, à identifier un biais, à distinguer un fait d’une opinion, à supporter la contradiction sans se sentir attaqué. Voilà ce que nos sociétés doivent aujourd’hui prioritairement enseigner.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">L’homme doit se ressaisir, en continuant à se cultiver, à s’instruire, à se servir des nouveaux outils, sans devenir leur esclave. Popper nous l’avait dit : la société ouverte, celle qui résiste à la barbarie et au mensonge, n’est pas une société qui a résolu le problème de la vérité. C’est une société qui ne cesse jamais de le poser. Qui maintient vivante, à chaque génération, la question que Socrate posait déjà dans les rues d’Athènes : qu’est-ce que je sais vraiment, et comment le sais-je ?</p>
<p>L’article <a href="https://foussenitogola.online/2026/07/10/desinformation-et-crise-sociale-lhomme-connecte-contre-lhomme-pensant/">Désinformation et crise sociale : l&rsquo;homme connecté contre l&rsquo;homme pensant</a> est apparu en premier sur <a href="https://foussenitogola.online">Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</a>.</p>
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		<title>Auteur malien : quelles solutions pour publier son livre en 2026 ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[FT]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 14:39:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vous souhaitez publier un livre au Mali ? Découvrez les maisons d'édition maliennes, l'impression à compte d'auteur, l'autoédition numérique, les coûts, l'ISBN, le dépôt légal et les meilleures stratégies pour diffuser votre ouvrage au Mali et à l'international.</p>
<p>L’article <a href="https://foussenitogola.online/2026/07/07/auteur-malien-quelles-solutions-pour-publier-son-livre-en-2026/">Auteur malien : quelles solutions pour publier son livre en 2026 ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://foussenitogola.online">Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core"><strong><em>Des manuscrits qui dorment dans des tiroirs, des auteurs qui financent seuls leur impression sans savoir comment vendre ensuite : l&rsquo;édition malienne existe, elle bouge, mais personne ne leur a vraiment montré le chemin. Voici ce qu&rsquo;il faut savoir, concrètement.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Posez la question autour de vous : combien d&rsquo;auteurs maliens avez-vous croisés qui portent un manuscrit depuis des mois, parfois des années, sans savoir quoi en faire ? Ils écrivent, souvent très bien. Mais l&rsquo;édition leur apparaît comme un monde fermé, régi par des codes qu&rsquo;on leur a mal expliqués, ou expliqués avec des modèles français qui ne collent pas à la réalité de Bamako. Alors ils attendent. Ou ils impriment à la va-vite, sans ISBN, sans contrat, sans réseau. Et le livre finit dans un carton.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Ce texte est fait pour eux. Pas pour décrire l&rsquo;édition telle qu&rsquo;elle devrait être, mais telle qu&rsquo;elle est aujourd&rsquo;hui, au Mali, avec ses acteurs réels, ses circuits concrets et ses limites honnêtement posées. Trois voies existent. Elles ne s&rsquo;excluent pas toujours. Elles méritent d&rsquo;être comprises avant d&rsquo;être choisies.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core"><strong>Première voie : soumettre à une maison d&rsquo;édition malienne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Commençons par dissiper un malentendu : le Mali a des maisons d&rsquo;édition. Le tissu est modeste, certes, mais il existe. À Bamako, des structures comme La Sahélienne, Cauris Livres, les Éditions Gafé ou Prostyle Éditions publient des auteurs maliens dans des conditions professionnelles, avec catalogue, processus de sélection et, parfois, présence en librairie. Ce n&rsquo;est pas rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">La démarche pour soumettre un manuscrit est simple dans son principe : un dossier comprenant le texte complet (ou les trois premiers chapitres selon les maisons), une note d&rsquo;intention d&rsquo;une page qui dit pourquoi ce livre, pour qui, et ce qui le rend singulier, une courte biographie de l&rsquo;auteur, et si possible une lettre d&rsquo;accompagnement personnalisée. L&rsquo;envoi se fait par email ou en main propre, les portails de soumission en ligne n&rsquo;existent pas encore dans le paysage malien. Comptez deux à six mois pour une réponse. Au-delà de trois mois sans nouvelle, c&rsquo;est généralement un refus non formulé.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Ce qu&rsquo;une maison malienne peut vous apporter : une légitimité locale immédiate, un ISBN, une présence dans les librairies de Bamako (Librairie Artisanale, Librairie Bah, La Ruche à Livres) et parfois une invitation aux salons régionaux du livre. Ce qu&rsquo;elle ne peut généralement pas vous offrir : une diffusion internationale structurée, une avance sur droits significative ou une campagne marketing digne de ce nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">À noter, une évolution encourageante : certaines maisons, comme les Éditions Gafé, commencent à intégrer le numérique dans leur catalogue&nbsp;: livres audio, versions ebook. C&rsquo;est un tournant à saluer, qui dessine peut-être le visage de l&rsquo;édition malienne de demain.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Choisir une maison d&rsquo;édition malienne, c&rsquo;est choisir la crédibilité locale et l&rsquo;ancrage dans le tissu culturel du pays. C&rsquo;est un choix fort, à condition d&rsquo;en accepter les limites réelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core"><strong>Deuxième voie : l&rsquo;impression à compte d&rsquo;auteur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">C&rsquo;est de loin la pratique la plus répandue. Quand on ne passe pas par un éditeur, on va voir un imprimeur. On paye, on récupère ses cartons, et on se débrouille pour vendre. La liberté est totale. La responsabilité aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">À Bamako, plusieurs imprimeries sont capables de produire des livres dans une qualité acceptable : l&rsquo;Imprimerie Coulibaly, des ateliers proches du marché de l&rsquo;artisanat, des centres de reprographie universitaires. Les prix varient beaucoup selon le format, le nombre de pages, la couverture en couleur ou en noir et blanc, et le tirage. Pour fixer les idées : un roman de 200 pages en format poche, couverture couleur, tiré à 200 exemplaires, peut coûter entre 400 000 et 800 000 francs CFA, parfois davantage. Ce n&rsquo;est pas une dépense anodine.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Avant de signer quoi que ce soit avec un imprimeur, quelques réflexes à adopter absolument :</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">▸&nbsp;&nbsp;Trois devis minimum :&nbsp;les tarifs ne sont pas standardisés. D&rsquo;un imprimeur à l&rsquo;autre, pour le même travail, l&rsquo;écart peut doubler.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">▸&nbsp;&nbsp;Exigez un BAT :&nbsp;un Bon à Tirer est une épreuve papier à valider avant le tirage complet. Sans BAT, vous risquez de récupérer 200 exemplaires avec une couverture délavée ou des marges massacrées.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">▸&nbsp;&nbsp;Fichier PDF, pas Word :&nbsp;préparez votre document en PDF/X-1a ou PDF/X-4, résolution 300 dpi. Confier un fichier Word à un imprimeur local, c&rsquo;est lui laisser refaire la mise en page à sa façon.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">▸&nbsp;&nbsp;Dépôt légal à la DNLL :&nbsp;la Direction nationale du livre et de la lecture délivre gratuitement un numéro de dépôt légal. C&rsquo;est obligatoire, rapide, et ça donne une existence officielle à votre livre.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">▸&nbsp;&nbsp;L&rsquo;ISBN, ne le négligez pas :&nbsp;sans lui, votre livre est invisible dans tous les systèmes de distribution formels. La DNLL gère l&rsquo;attribution des ISBN pour le Mali. Comptez plusieurs semaines de démarche administrative.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Mais le vrai sujet, avec le compte d&rsquo;auteur, c&rsquo;est ce qui vient après l&rsquo;impression. Qui va vendre ces livres ? Les librairies de Bamako travaillent en dépôt-vente, à 30 à 40 % du prix public. Il faut les démarcher, livrer les exemplaires, suivre les stocks, relancer. Et encore : même avec un éditeur malien, la situation n&rsquo;est plus si différente aujourd&rsquo;hui. La prolifération des maisons d&rsquo;édition a conduit à une réalité dure à avaler : dans tous les cas, ou presque, c&rsquo;est l&rsquo;auteur qui active ses propres réseaux pour faire circuler son livre. Il est à la fois l&rsquo;écrivain, le distributeur et le communicant. Autant le savoir dès le départ.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core"><strong>Troisième voie : l&rsquo;autoédition numérique et l&rsquo;impression à la demande</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">C&rsquo;est la voie que la plupart des auteurs maliens connaissent le moins, et qui offre pourtant l&rsquo;un des accès les plus directs à un lectorat international. Le principe : publier en format numérique (ebook) ou en impression à la demande (le livre est imprimé et expédié à chaque commande, sans stock à gérer), via des plateformes qui assurent elles-mêmes la distribution mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Amazon KDP (Kindle Direct Publishing) est la plus utilisée par les auteurs francophones d&rsquo;Afrique. L&rsquo;inscription est gratuite. Il faut une adresse email, un compte bancaire, et le formulaire fiscal américain W-8BEN — que les auteurs maliens peuvent remplir avec leur NIF malien pour éviter une retenue à la source de 30 %. L&rsquo;auteur dépose son manuscrit (Word ou PDF), sa couverture (JPG haute résolution), fixe son prix, choisit ses marchés. Amazon gère la vente et les expéditions. Les royalties sont de 35 % ou 70 % selon la tranche de prix choisie. Les paiements arrivent par virement bancaire, avec un seuil minimum de 100 dollars et une latence d&rsquo;environ 60 jours après la vente.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">PublishRoom, Librinova, Edilivre et Le Lys Bleu sont des plateformes françaises avec un accompagnement plus proche et une diffusion dans le réseau francophone. Les Éditions du Net, avec lesquelles plusieurs auteurs maliens ont déjà publié, proposent un modèle hybride entre édition à compte d&rsquo;auteur et distribution en librairies françaises, avec un suivi éditorial réel. Pour les ebooks seuls, Draft2Digital (l&rsquo;héritier de Smashwords) permet une diffusion multi-plateforme depuis un fichier unique : Kobo, Apple Books, Fnac, et d&rsquo;autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Ce que l&rsquo;autoédition numérique exige en contrepartie : assumer soi-même tout ce qu&rsquo;un éditeur ferait normalement. La correction du texte — indispensable : un manuscrit bourré de coquilles se voit immédiatement dans les avis lecteurs, et ces avis restent en ligne pour toujours. La mise en page. La couverture, Canva peut dépanner pour un premier livre, mais un graphiste professionnel fait la différence. Et la promotion : Facebook et TikTok sont aujourd&rsquo;hui les leviers les plus efficaces pour toucher les lecteurs africains francophones, en Afrique comme dans la diaspora</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">L&rsquo;autoédition numérique ouvre le monde entier à l&rsquo;auteur malien, à condition qu&rsquo;il soit prêt à endosser, en plus de l&rsquo;écriture, tous les autres métiers du livre.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core"><strong>Comment choisir ? Quatre questions à se poser honnêtement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Il n&rsquo;y a pas de bonne réponse universelle. Tout dépend de ce que vous cherchez vraiment, de ce que vous avez, et de ce que vous êtes prêt à faire vous-même. Quatre questions permettent d&rsquo;y voir clair :</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Votre priorité, c&rsquo;est la reconnaissance locale ou la diffusion internationale ? Si c&rsquo;est la première, une maison d&rsquo;édition malienne est le bon choix. Si c&rsquo;est la seconde, tournez-vous vers KDP, Les Éditions du Net, Edilivre ou Le Lys Bleu.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Avez-vous un budget à engager ? L&rsquo;impression à compte d&rsquo;auteur demande un investissement réel. L&rsquo;autoédition numérique ne coûte rien à l&rsquo;entrée.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Avez-vous un réseau pour vendre ? Quelle que soit la voie choisie, vous aurez à vendre. Un réseau personnel solide, associations, événements culturels, présence en ligne, change tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Votre livre est un roman grand public ou un essai ? Le roman se prête mieux à l&rsquo;autoédition et aux réseaux sociaux. L&rsquo;essai académique ou intellectuel cherche la légitimité d&rsquo;une maison qui sélectionne et cautionne.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">▸&nbsp;&nbsp;Légitimité locale :&nbsp;jeune auteur voulant exister dans le paysage bamakois → maison d&rsquo;édition malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">▸&nbsp;&nbsp;Contrôle et marge :&nbsp;auteur avec un lectorat déjà établi, qui veut maîtriser son projet de A à Z → compte d&rsquo;auteur avec vente directe.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">▸&nbsp;&nbsp;Portée internationale :&nbsp;auteur visant la diaspora et les francophones du monde sans budget initial → KDP, Edilivre, Le Lys Bleu ou Les Éditions du Net.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">▸&nbsp;&nbsp;Stratégie hybride :&nbsp;publier localement ET avoir une version numérique internationale ? C&rsquo;est possible. Les deux voies ne s&rsquo;excluent pas, à condition de vérifier vos droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Un point juridique à ne pas négliger : si vous avez signé un contrat avec une maison malienne, relisez-le avant de publier aussi sur KDP. Les droits numériques et la diffusion internationale sont souvent absents du contrat, mais leur absence ne signifie pas que ces droits sont libres. Posez la question directement à votre éditeur. Par écrit.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">L&rsquo;écosystème du livre au Mali est plus vivant qu&rsquo;on ne le croit de l&rsquo;extérieur. Il bouge, s&rsquo;adapte, intègre le numérique. Les auteurs maliens n&rsquo;ont plus à attendre la validation de Paris pour exister en tant qu&rsquo;écrivains. Ils ont, aujourd&rsquo;hui, les outils pour se faire lire à Bamako comme à Montréal, à Abidjan comme à Bruxelles. Ce qu&rsquo;il leur faut, c&rsquo;est une cartographie claire de ces outils, et la lucidité de choisir en connaissance de cause.</p>
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		<item>
		<title>Enfant des ruines de Fousseni Togola, L’Harmattan, 2025.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[FT]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 13:58:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant des ruines]]></category>
		<category><![CDATA[enfant soldat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Seydou est un enfant malien au génie précoce qui avait tout pour être heureux… Cet enfant particulier reçoit à la fois beaucoup d’amour et une excellente éducation à la maison de la part de ses parents et de sa nourrice ainsi qu’au jardin d’enfants et à l’école primaire. Tout bascule quand son village est attaqué et que ses parents sont massacrés. Seydou entame alors une difficile vie d’orphelin chez ses oncles dans un hameau rural où il n’y a pas d’école et où il est maltraité et exploité. Quand il échappe à un nouveau raid des hommes barbus, seul survivant du hameau, il décide de se joindre à eux…</p>
<p>L’article <a href="https://foussenitogola.online/2026/07/06/enfant-des-ruines-de-fousseni-togola-lharmattan-2025/">Enfant des ruines de Fousseni Togola, L’Harmattan, 2025.</a> est apparu en premier sur <a href="https://foussenitogola.online">Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Fousseni Togola est un philosophe, blogueur et écrivain malien que je suis sur les réseaux depuis qu’il a commencé à me solliciter, il y a environ 6 ans, pour des services de presse.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Je connaissais déjà l’histoire de Seydou, le héros de ce livre, car l’auteur m’avait confiée pour avis, en 2019, une nouvelle qui racontait son histoire…</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Fousseni Togola a retravaillé son texte pour en faire un véritable récit réflexif sur le sort des orphelins des guerres et sur l’enrôlement des enfants soldats dans tous les pays victimes du terrorisme islamique. Il veut aussi porter un regard résilient sur le pouvoir de la transmission des valeurs familiales, sur l’espoir que les graines d’amours puissent toujours germer même si elles sont profondément enfouies dans un passé détruit.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Seydou est un enfant malien au génie précoce qui avait tout pour être heureux… Cet enfant particulier reçoit à la fois beaucoup d’amour et une excellente éducation à la maison de la part de ses parents et de sa nourrice ainsi qu’au jardin d’enfants et à l’école primaire. Tout bascule quand son village est attaqué et que ses parents sont massacrés. Seydou entame alors une difficile vie d’orphelin chez ses oncles dans un hameau rural où il n’y a pas d’école et où il est maltraité et exploité. Quand il échappe à un nouveau raid des hommes barbus, seul survivant du hameau, il décide de se joindre à eux…</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Ce texte ne peut que nous interpeler et nous interroger : ce sont les orphelins et les mendiants que les terroristes enrôlent en priorité. Je vais même aller plus loin que Fousseni Togola… Ainsi, beaucoup de jeunes maliens se retrouvent devant un choix cornélien : rejoindre les rangs des barbus pour survivre ou émigrer illégalement vers nos pays… Dans les deux cas, ils seront perdants : les enfants-soldats deviendront pires que leurs recruteurs, portés par une rage supplémentaire tandis que les jeunes migrants échoueront dans nos services d’aide sociale à l’enfance surchargés s’ils sont mineurs ou dans nos rues et nos centres de rétention administrative s’ils sont déclarés majeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Ce roman a le mérite de nous éclairer sur ces victimes du terrorisme et de la précarité dans les pays africains et à ce titre, je salue la démarche de l’auteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">L’écriture est parfois un peu répétitive, voire lassante… Mais cette terrible histoire se veut avant tout didactique, à la manière d’un conte philosophique, avec des redites pour appuyer le propos.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">En effet, si Fousseni Togola fait de longues digressions, notamment sur l’éducation religieuse reçue par le jeune Seydou, s’il détaille sa vie en famille et à l’école, s’il insiste sur sa prise de conscience finale, c’est surtout pour délivrer un message positif sur la nécessité de vraies mesures éducatives en faveur des enfants ayant perdu leurs parents dans les raids et sur une politique de reconstruction des zones détruites par le terrorisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">L’enfance de rêve de Seydou puis les virages à 180° qu’il prend dans sa vie en choisissant de se radicaliser puis de trahir ses mentors donne à ce livres des accents de roman d’apprentissage…</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core"><strong><a href="https://www.facebook.com/hashtag/lesglosesdelapiratedespal?__cft__[0]=AZZaXaq1ooAVgFJSEJVn0X-n5kplnFGeCMYowF5-oibSUicsM-oeyCyuPLYnh8M0ImxPD8Iv1LwEtFQeoxrE68HMH41PLxL41bygUVM0ZCPXoqJPn-lWl9DwmUhTz5BG5qi_AYhNZhDJZGuvu7W0ZzRroGKOipQm1d26TfTkcn1RzY9-bkHapiPhItz_PuvmCj9ImXcKCYrvJhV-S1f6JkU6l_ebOwziporfje-ufgPnQQ&amp;__tn__=*NK-y-R" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les Gloses de la pirate des pals</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core"></p>
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		<title>Quand la littérature rencontre nos ruines</title>
		<link>https://foussenitogola.online/2026/07/06/quand-la-litterature-rencontre-nos-ruines/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[FT]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 12:46:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans « L'Enfant des ruines », Fousseni Togola explore la tragédie des enfants-soldats au Sahel et la possibilité d'une reconstruction. — Mousso Kunda</p>
<p>L’article <a href="https://foussenitogola.online/2026/07/06/quand-la-litterature-rencontre-nos-ruines/">Quand la littérature rencontre nos ruines</a> est apparu en premier sur <a href="https://foussenitogola.online">Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son nouveau roman « L’Enfant des ruines », l’écrivain et philosophe Fousseni Togola explore la tragédie des enfants-soldats au Sahel. À travers une écriture sobre et engagée, il interroge la perte de l’innocence, la responsabilité collective et la possibilité d’une reconstruction face aux ruines physiques et morales laissées par la guerre.</p>
<p><em>Source : Mousso Kunda</em> — <a href="https://moussokunda.com/index.php/2025/09/15/lenfant-des-ruines-quand-la-litterature-questionne-nos-ruines/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Lire l&rsquo;article original</a></p>
<p>L’article <a href="https://foussenitogola.online/2026/07/06/quand-la-litterature-rencontre-nos-ruines/">Quand la littérature rencontre nos ruines</a> est apparu en premier sur <a href="https://foussenitogola.online">Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</a>.</p>
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		<title>Pour comprendre La société close et ses militants</title>
		<link>https://foussenitogola.online/2026/07/06/pour-comprendre-la-societe-close-et-ses-militants/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[FT]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 12:45:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La société close et ses militants interroge les pratiques qui fragilisent le débat rationnel dans nos démocraties modernes. — Sahel Tribune</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Publié chez Independently publishing, plateforme d’auto-édition d’Amazon, en septembre 2019, La société close et ses militants est un ouvrage pour jeter l’opprobre sur des pratiques dans nos démocraties modernes. Des pratiques qui ne favorisent nullement le débat rationnel, fondement de la démocratie, mais plutôt encouragent l’instabilité. La société close et ses militants touche pour ainsi dire aux causes de l’instabilité de la plupart des régimes démocratiques actuels.</p>
<p><em>Source : Sahel Tribune</em> — <a href="https://saheltribune.com/pour-comprendre-la-societe-close-et-ses-militants/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Lire l&rsquo;article original</a></p>
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		<title>Comment la fiction africaine explique la désinformation mieux que certains rapports</title>
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		<dc:creator><![CDATA[FT]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 12:45:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans mon roman Fatoma : Le Broussard, je dépeins les mécanismes de la « police des idées » dans la République fictive du Zanzane. — Club Médiapart</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans mon roman Fatoma : Le Broussard (KDP, 2026), je dépeins avec une précision clinique les mécanismes de la « police des idées » à l’œuvre dans la République fictive du Zanzane. Un texte littéraire qui parle de notre temps réel, avec une acuité que les rapports académiques n’atteignent pas toujours.</p>
<p><em>Source : Club Médiapart</em> — <a href="https://blogs.mediapart.fr/togola/blog/260626/comment-la-fiction-africaine-explique-la-desinformation-mieux-que-certains-rapports" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Lire l&rsquo;article original</a></p>
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		<title>Les limites du fact-checking : une réflexion philosophique sur la vérité à l&#8217;ère numérique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[FT]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2026 16:48:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[désinformation]]></category>
		<category><![CDATA[fact-checking]]></category>
		<category><![CDATA[Karl Popper]]></category>
		<category><![CDATA[mensonge]]></category>
		<category><![CDATA[rumeurs]]></category>
		<category><![CDATA[vérification des faits]]></category>
		<category><![CDATA[vérité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les organisations de vérification des faits se multiplient, leurs budgets augmentent, leurs labels se généralisent. Et pourtant la désinformation prospère. Ce paradoxe n'est pas un échec technique : c'est une contradiction philosophique. Le fact-checking corrige les symptômes. Il ne touche pas à la maladie.</p>
<p>L’article <a href="https://foussenitogola.online/2026/07/04/les-limites-du-fact-checking-une-reflexion-philosophique-sur-la-verite-a-lere-numerique/">Les limites du fact-checking : une réflexion philosophique sur la vérité à l&rsquo;ère numérique</a> est apparu en premier sur <a href="https://foussenitogola.online">Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core"><strong><em>Les organisations de vérification des faits se multiplient, leurs budgets augmentent, leurs labels se généralisent. Et pourtant la désinformation prospère. Ce paradoxe n&rsquo;est pas un échec technique : c&rsquo;est une contradiction philosophique. Le fact-checking corrige les symptômes. Il ne touche pas à la maladie.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Il existe une forme de bonne conscience contemporaine dont il faut se méfier. Elle a un nom propre, une identité visuelle, parfois un budget confortable et une équipe de journalistes sérieux : on l&rsquo;appelle le fact-checking. Depuis une quinzaine d&rsquo;années, les organisations de vérification des faits prolifèrent. Des États-Unis à l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, des rédactions entièrement dédiées à traquer le faux, étiqueter le douteux, corriger le mensonge. En France, les Décodeurs du Monde, Checknews de Libération elle-même, les Observateurs de France 24. Au Mali, Le Jalon, Benbere. À l&rsquo;échelle mondiale, des centaines d&rsquo;organisations labellisées par l&rsquo;International Fact-Checking Network.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Et pourtant. La désinformation ne recule pas. Elle avance. Elle s&rsquo;industrialise. Elle se raffine. Elle passe de la rumeur artisanale au contenu produit par intelligence artificielle. Elle colonise les plateformes, structure les débats électoraux, alimente les guerres. À l&rsquo;heure où j&rsquo;écris ces lignes, des informations fabriquées sur des conflits en Afrique de l&rsquo;Ouest circulent à des dizaines de millions d&rsquo;exemplaires pendant que les corrections — quand elles existent — atteignent quelques milliers de lecteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Ce paradoxe mérite d&rsquo;être pris au sérieux. Non pas comme un constat de défaite, mais comme un problème philosophique. Car si le fact-checking échoue à endiguer la désinformation malgré ses efforts réels et souvent courageux, c&rsquo;est peut-être parce qu&rsquo;il repose sur une conception trop étroite de ce qu&rsquo;est la vérité — et de ce qu&rsquo;est le mensonge.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">Ce que Popper aurait objecté</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Karl Popper n&rsquo;avait pas connu le fact-checking moderne. Mais il en aurait identifié la limite structurelle avec précision. Pour Popper, la connaissance ne progresse pas par accumulation de vérités — elle progresse par élimination d&rsquo;erreurs. Le critère qui permet de distinguer une proposition scientifique d&rsquo;un dogme, c&rsquo;est la falsifiabilité : une affirmation valable doit pouvoir être réfutée. Si aucune observation ne pourrait, en principe, la contredire, elle n&rsquo;appartient pas au domaine de la connaissance — elle appartient au domaine de la croyance.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Le fact-checking pratique une réfutation ponctuelle : il prend une affirmation précise, la confronte aux faits disponibles, et conclut — vrai, faux, trompeur, invérifiable. C&rsquo;est une opération nécessaire. Mais elle est insuffisante au sens poppérien du terme, parce qu&rsquo;elle ne s&rsquo;attaque pas aux conditions de production du faux. Elle répond à des affirmations isolées sans interroger les structures — économiques, politiques, technologiques — qui les fabriquent en série.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">C&rsquo;est la différence entre traiter un symptôme et diagnostiquer une maladie. Le médecin qui soulage la fièvre sans chercher l&rsquo;infection sous-jacente fait quelque chose d&rsquo;utile — mais il ne guérit pas. Le fact-checker qui corrige une intox sur un accord minier au Mali sans interroger pourquoi cette intox a été produite, par qui, avec quels moyens et dans quel intérêt, fait quelque chose de nécessaire — mais il ne résout pas le problème.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">La désinformation venant d&rsquo;en haut</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">La limite du fact-checking devient encore plus visible quand on l&rsquo;applique à ce que la journaliste économique Myret Zaki appelle la désinformation venant d&rsquo;en haut. Non pas les rumeurs de bas-fonds, les théories du complot circulant sur des forums obscurs, les vidéos manipulées diffusées par des comptes anonymes. Mais la désinformation produite par les institutions les plus respectables : les banques centrales, les agences internationales, les gouvernements, les grands cabinets de conseil, les entreprises du CAC 40.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Cette désinformation-là n&rsquo;est pas faite de mensonges bruts. Elle est faite de vérités sélectionnées, de chiffres privés de leur contexte, de statistiques orientées, de rapports dont les conclusions contredisent les données. Elle est produite par des acteurs qui ont les moyens de la légitimer — le prestige institutionnel, les relais médiatiques, les budgets de communication. Et elle est, par construction, presque impossible à fact-checker.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Pourquoi ? Parce que les outils du fact-checking classique sont conçus pour identifier des affirmations fausses — des faits inventés, des chiffres inexacts, des citations fabriquées. Ils sont mal armés pour identifier une affirmation vraie dans un cadre faux. Dire que le PIB d&rsquo;un pays a augmenté de 5 %, c&rsquo;est peut-être exact. Ne pas dire que cette croissance a bénéficié exclusivement aux 10 % les plus riches, c&rsquo;est une désinformation par omission. Aucun label de fact-checking ne peut l&rsquo;attraper facilement, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de fait faux à corriger — il y a une représentation tronquée de la réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Noam Chomsky et Edward Herman avaient cartographié ce terrain dans leur analyse fondatrice des médias américains : la fabrication du consentement ne passe pas par le mensonge direct. Elle passe par le cadrage, la sélection, l&rsquo;angle, le choix des sources, la hiérarchie des informations. Ce sont des opérations invisibles au fact-checking parce qu&rsquo;elles opèrent en amont des faits — elles construisent le monde dans lequel les faits apparaissent.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">La désinformation par omission est donc la plus difficile à corriger : il n&rsquo;y a pas de fait faux à pointer. Il y a une représentation tronquée de la réalité — une vérité partielle qui fonctionne comme un mensonge total.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">L&rsquo;asymétrie qui tue</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Il y a une deuxième limite structurelle du fact-checking : la faible portée des corrections face à la viralité des fausses informations. Cela constitue un problème central.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Ce problème n&rsquo;est pas conjoncturel. Il est inscrit dans la logique des plateformes numériques. Les algorithmes de recommandation sont optimisés pour l&rsquo;engagement — et ce qui engage, c&rsquo;est l&rsquo;émotion : la colère, la peur, la surprise, l&rsquo;indignation. Une fausse information bien construite déclenche ces émotions. Une correction factuelle, par nature, les apaise. Elle dit : non, ce n&rsquo;est pas si dramatique. Ce n&rsquo;est pas vrai. Respirez.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">La correction est épistémiquement supérieure. Elle est émotionnellement inférieure. Et dans un environnement où la distribution de l&rsquo;information obéit à des logiques d&rsquo;engagement, l&rsquo;émotionnellement inférieur voyage moins loin, moins vite, moins longtemps. Des études conduites aux États-Unis ont montré que les fausses informations se propagent six fois plus vite que les vraies sur les réseaux sociaux. Le fact-checking court après un adversaire qui a six longueurs d&rsquo;avance — et qui dispose d&rsquo;une infrastructure qui le favorise structurellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Popper parlait, en philosophie des sciences, de l&rsquo;asymétrie entre confirmation et réfutation : il faut une infinité d&rsquo;observations pour confirmer une théorie, mais une seule observation contraire suffit à la réfuter. Dans l&rsquo;espace informationnel numérique, l&rsquo;asymétrie est inversée : une seule affirmation fausse peut contaminer un million d&rsquo;esprits, mais il faut un effort considérable pour en corriger même une fraction.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">Le fact-checking sans falsifiabilité systémique</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">C&rsquo;est ici que la critique poppérienne prend toute sa force. Popper distinguait deux niveaux dans la production de la connaissance : le niveau des affirmations particulières — cette théorie est fausse, cette prédiction ne s&rsquo;est pas réalisée — et le niveau des cadres épistémiques — les méthodes, les normes, les institutions qui permettent de produire et d&rsquo;évaluer des affirmations. Le fact-checking opère au premier niveau. Il ne touche presque jamais au second.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Or c&rsquo;est au second niveau que se joue l&rsquo;essentiel. Pourquoi des médias légitimes relaient-ils sans vérification des communiqués de presse d&rsquo;entreprises dont ils dépendent publicitairement ? Pourquoi les algorithmes des plateformes amplifient-ils les contenus les plus émotionnels indépendamment de leur véracité ? Pourquoi les propriétaires des grands groupes médiatiques — Myret Zaki le documente — exercent-ils une influence éditoriale structurelle sur ce qui est dit et ce qui ne l&rsquo;est pas ? Ces questions ne sont pas des affirmations à vérifier. Ce sont des structures à transformer.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Le fact-checking sans critique systémique ressemble à ce que Bachelard appelait la connaissance première : une connaissance qui répond aux questions sans les avoir posées. Bachelard disait que le premier obstacle à la connaissance scientifique n&rsquo;est pas l&rsquo;ignorance — c&rsquo;est la fausse évidence. La fausse évidence du fact-checking, c&rsquo;est de croire que la vérité se gagne une correction à la fois. Popper aurait répondu : la vérité ne s&rsquo;accumule pas — elle se construit en transformant les conditions qui permettent de la produire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">Ce qu&rsquo;il faudrait faire — en plus</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Cette critique n&rsquo;est pas un appel à dissoudre les organisations de fact-checking. Leur travail est réel, utile, souvent courageux. Dans des contextes politiques fermés, vérifier les déclarations d&rsquo;un gouvernement ou d&rsquo;un groupe armé, c&rsquo;est prendre des risques. Ce travail doit être soutenu, financé, protégé.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Mais il doit être accompagné — et dépassé — par une réfutation au sens fort du terme, c&rsquo;est-à-dire une réfutation qui ne se contente pas de corriger les affirmations fausses mais qui interroge les structures qui les produisent. Cela signifie au moins trois choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Premièrement, un journalisme d&rsquo;investigation qui remonte aux sources de la désinformation : qui la finance, qui la produit, quels réseaux la diffusent, quels intérêts elle sert. Ce journalisme existe — il est fragile, sous-financé, souvent menacé. Il est pourtant le seul qui pratique une réfutation au sens poppérien : il ne corrige pas seulement un fait, il invalide une structure.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Deuxièmement, une régulation des plateformes qui rompe avec la logique de l&rsquo;engagement comme seul critère de distribution. Tant que les algorithmes favorisent l&rsquo;émotion sur la vérité, le fact-checking court après sa propre impuissance. La question n&rsquo;est pas de censurer — c&rsquo;est de ne plus subventionner algorithmiquement le faux au détriment du vrai.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Troisièmement — et c&rsquo;est peut-être le plus fondamental —, une éducation épistémologique généralisée. Popper ne croyait pas que la vérité pouvait être distribuée d&rsquo;en haut vers le bas. Il croyait que chaque individu est capable d&rsquo;exercer un regard critique — à condition qu&rsquo;on lui en donne les outils. Une société dont les citoyens savent demander : qui a produit cette information, dans quel intérêt, et qu&rsquo;est-ce qui la rendrait fausse ? — une telle société n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;une industrie du fact-checking pour lui dire quoi penser. Elle pense elle-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">La vérité n&rsquo;est pas un produit fini</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Ce que Popper nous apprend, au fond, c&rsquo;est que la vérité n&rsquo;est jamais un état — c&rsquo;est un processus. Elle n&rsquo;est pas quelque chose qu&rsquo;on possède ou qu&rsquo;on distribue. Elle est quelque chose qu&rsquo;on construit collectivement, par un effort permanent de mise à l&rsquo;épreuve critique. La connaissance progresse non pas en accumulant des certitudes mais en éliminant des erreurs — et en transformant les conditions qui permettaient ces erreurs d&rsquo;exister.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Le fact-checking, dans sa forme actuelle, est une réponse à la désinformation qui accepte les règles du jeu de la désinformation : une affirmation contre une affirmation, un fait contre un fait, une vitesse contre une vitesse. C&rsquo;est une guerre d&rsquo;usure que la vérité perd structurellement parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas les mêmes ressources que le mensonge.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">La vraie réfutation — celle que Popper appelait de ses vœux — est d&rsquo;un autre ordre. Elle ne cherche pas seulement à corriger ce qui a été dit. Elle cherche à transformer les conditions dans lesquelles ce qui est dit peut être produit, diffusé et évalué. C&rsquo;est un projet politique, éducatif, institutionnel. Un projet de longue haleine, sans label ni certification rapide.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Ce projet a un nom. Popper l&rsquo;appelait la société ouverte : une société où les institutions, les médias et les citoyens exercent en permanence un regard critique sur les affirmations de pouvoir. Pas une société qui a résolu le problème de la désinformation. Une société qui ne cesse jamais de le poser.</p>
<p>L’article <a href="https://foussenitogola.online/2026/07/04/les-limites-du-fact-checking-une-reflexion-philosophique-sur-la-verite-a-lere-numerique/">Les limites du fact-checking : une réflexion philosophique sur la vérité à l&rsquo;ère numérique</a> est apparu en premier sur <a href="https://foussenitogola.online">Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi Amadou Hampâté Bâ devrait être enseigné dans les écoles d&#8217;administration du Mali</title>
		<link>https://foussenitogola.online/2026/07/01/amadou-hampate-ba-ecoles-administration-mali/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[FT]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 17:25:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[administration malienne]]></category>
		<category><![CDATA[Amadou Hampâté Bâ]]></category>
		<category><![CDATA[Mali Kura]]></category>
		<category><![CDATA[refondation de l'État]]></category>
		<category><![CDATA[Wangrin]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À travers L'Étrange destin de Wangrin et Oui mon commandant !, Amadou Hampâté Bâ offre une réflexion unique sur l'éthique administrative et la refondation de l'État au Mali. Une tribune de Fousseni Togola.</p>
<p>L’article <a href="https://foussenitogola.online/2026/07/01/amadou-hampate-ba-ecoles-administration-mali/">Pourquoi Amadou Hampâté Bâ devrait être enseigné dans les écoles d&rsquo;administration du Mali</a> est apparu en premier sur <a href="https://foussenitogola.online">Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core"><em><strong><a href="https://www.amazon.fr/ETRANGE-DESTIN-WANGRIN-Ba-Ah/dp/2264003863?crid=ZDYUH45CAP7&amp;dib=eyJ2IjoiMSJ9.bO9tRAKNir0-XJpPHkKhjxO7XXRFJ95Qw4UvBaGp7G61MLoCZWHkfj31b1oXXAKPIxuIJFSOu2k59jjDVDVvu1UJuBb6hBSnUNj5jFAyI3c.kUHMqVdSgnYPnNUerRbAfU-T9l8_1SFaHHqsh3CXn1o&amp;dib_tag=se&amp;keywords=l+etrange+destin+de+wangrin&amp;qid=1783108531&amp;sprefix=Etrange+des%2Caps%2C528&amp;sr=8-2&amp;linkCode=ll2&amp;tag=togola0b-21&amp;linkId=242508d00194d92602dea2b52e5ef556&amp;ref_=as_li_ss_tl" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L&rsquo;Étrange destin de Wangrin</a> et <a href="https://amzn.to/3RhNQ9l" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Oui mon commandant !</a> ne sont pas de simples romans. Ils sont les traités de déontologie administrative les plus riches jamais écrits sur l&rsquo;Afrique coloniale — et postcoloniale. En 2026, dans un Mali qui entreprend de refonder son État, les introduire dans les écoles de formation des administrateurs n&rsquo;est pas un geste nostalgique. C&rsquo;est une nécessité intellectuelle et morale.</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Chaque fois qu&rsquo;un État africain entreprend de se réformer, il convoque des consultants étrangers, importe des référentiels de bonne gouvernance rédigés à Genève ou à Washington, adopte des manuels de management public conçus pour des administrations qui n&rsquo;ont rien en commun avec les siennes. Et chaque fois, le résultat est le même : des réformes qui ne tiennent pas parce qu&rsquo;elles ne parlent pas la langue de ceux à qui elles s&rsquo;adressent. Au Mali de la Transition, il existe pourtant dans la bibliothèque nationale une réponse — deux réponses, précisément — à la question de comment former des administrateurs ancrés dans leur réalité. Elles s&rsquo;appellent <em>L&rsquo;Étrange destin de Wangrin</em> et <em>Oui mon commandant !</em>, et elles portent le nom d&rsquo;<a href="https://www.unesco.org/fr/memory-world/amadou-hampate-ba/guardian-african-heritage" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Amadou Hampâté Bâ</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">Qui était Hampâté Bâ, et pourquoi cette question n&rsquo;est pas anodine</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Amadou Hampâté Bâ naît en 1900 à <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://saheltribune.com/pays-dogon-pourquoi-bandiagara-reste-au-coeur-des-defis-securitaires-et-de-la-paix-au-mali/&amp;ved=2ahUKEwi_047mpbeVAxWSVKQEHXneJLAQFnoECBYQAQ&amp;usg=AOvVaw2q-K9VCo81lFEQOT0zp7J5" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bandiagara</a>, dans ce qui est alors le Soudan français. Il entre dans l&rsquo;administration coloniale à la fin des années 1920 — commis d&rsquo;abord, interprète, puis auxiliaire de cercle et agent administratif — et y travaillera pendant vingt ans, jusqu&rsquo;en 1951, avant d&rsquo;entamer une carrière internationale qui le mènera à l&rsquo;<a href="https://www.unesco.org/en" target="_blank" rel="noreferrer noopener">UNESCO</a>. Il meurt en 1991 à Abidjan, laissant une œuvre qui est à la fois ethnologie, philosophie, littérature et mémoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Ce parcours est essentiel. Hampâté Bâ n&rsquo;écrit pas sur l&rsquo;administration africaine depuis l&rsquo;extérieur — il écrit depuis le dedans. Il a été le subalterne qui traduit, l&rsquo;intermédiaire qui négocie entre l&rsquo;administration coloniale et la population, le fonctionnaire qui doit concilier des injonctions contradictoires, obéir à une hiérarchie étrangère et rester loyal à sa communauté. Il a vécu de l&rsquo;intérieur les tensions, les compromis, les humiliations et les adaptations que demande la fonction publique à celui qui l&rsquo;exerce dans un contexte postcolonial ou néocolonial. C&rsquo;est cette expérience vécue, transmutée en littérature, qui fait la valeur irremplaçable de ses deux grands textes administratifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">L&rsquo;Étrange destin de Wangrin : le premier traité africain de déontologie administrative</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Publié en 1973 chez <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/10/18" target="_blank" rel="noopener">Union Générale d&rsquo;Éditions (10/18)</a>, <em>L&rsquo;Étrange destin de Wangrin</em> raconte la vie d&rsquo;un interprète colonial dont Hampâté Bâ a été le témoin privilégié. Wangrin est un personnage fascinant et ambigu : brillant, polyglotte, rusé, corrompu par moments, généreux à d&rsquo;autres. Il navigue avec une virtuosité troublante entre le monde des colonisateurs et celui des colonisés, utilisant sa position d&rsquo;intermédiaire pour accumuler richesses et influence — avant que son destin ne le rattrape.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Ce livre est trop souvent lu comme un roman picaresque. C&rsquo;est en réalité un traité de déontologie administrative déguisé en récit. Wangrin incarne toutes les tentations qui guettent l&rsquo;agent de l&rsquo;État en Afrique : le détournement des ressources publiques au profit du réseau de solidarité familiale, la corruption des procédures au bénéfice du plus offrant, l&rsquo;usage de la fonction comme instrument de pouvoir personnel. Mais il incarne aussi, à d&rsquo;autres moments, le serviteur public efficace, qui protège les populations des abus de l&rsquo;administration coloniale, qui médiatise les conflits, qui traduit non seulement les mots mais les intentions.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Wangrin se décrit comme <em>« le pont entre deux mondes »</em>. Cette métaphore est la description la plus précise qui soit du rôle de l&rsquo;administrateur africain dans un État postcolonial : celui qui fait le lien entre l&rsquo;institution formelle héritée de la colonisation et les réalités sociales, culturelles et économiques des populations qu&rsquo;il est censé servir.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Lire Wangrin dans une école d&rsquo;administration, ce n&rsquo;est pas enseigner la corruption — c&rsquo;est enseigner à la reconnaître dans ses formes les plus subtiles, à comprendre les logiques sociales qui la produisent, et à développer l&rsquo;immunité éthique nécessaire pour ne pas y céder. Aucun cours de déontologie abstraite n&rsquo;est aussi efficace que ce récit vivant, charnel, drôle et tragique à la fois.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">Oui mon commandant ! : les mémoires d&rsquo;un fonctionnaire qui résiste</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Le second texte est d&rsquo;une nature différente. <em>Oui mon commandant !</em>, publié en 1994 chez <a href="https://www.actes-sud.fr" target="_blank" rel="noopener">Actes Sud</a> dans la collection Babel — second volume des mémoires d&rsquo;Hampâté Bâ après <em>Amkoullel l&rsquo;enfant peul</em> (1991) — est un récit autobiographique qui couvre les années 1920 à 1940, la période où l&rsquo;auteur travaille comme agent de l&rsquo;administration coloniale française au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Le titre lui-même est un programme. « <em>Oui mon commandant !</em> » — la formule de soumission que tout subalterne de l&rsquo;administration coloniale était censé prononcer, yeux baissés, face à son supérieur blanc. Hampâté Bâ explore avec une subtilité remarquable la manière dont il a appris à dire oui tout en pensant non, à obéir formellement tout en résistant subtilement, à utiliser les règles et les procédures de l&rsquo;administration coloniale pour protéger les populations africaines contre les abus de cette même administration.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">C&rsquo;est une leçon de gouvernance d&rsquo;une modernité saisissante. Elle dit : l&rsquo;obéissance à la hiérarchie n&rsquo;est pas incompatible avec la loyauté envers les administrés. Elle dit que le fonctionnaire a une marge de manœuvre, même dans les systèmes les plus rigides, pour exercer son jugement moral. Elle dit que la bonne gouvernance n&rsquo;est pas d&rsquo;abord une question de procédures — c&rsquo;est une question de caractère, de valeurs et de sens du service public.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" data-block-type="core">
<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Former un administrateur malien sans lui faire lire Hampâté Bâ, c&rsquo;est comme former un médecin sans lui enseigner l&rsquo;anatomie de ses patients.</p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">La refondation administrative au Mali : pourquoi maintenant</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Le Mali de la Transition a fait de la refondation de l&rsquo;État l&rsquo;une de ses priorités explicites. Le <a href="https://foussenitogola.online/blog/" target="_blank" rel="noopener">Programme national d&rsquo;éducation aux valeurs (PNEV)</a>, la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, la nouvelle Constitution de 2023 qui co-officialise les langues nationales : autant de signaux d&rsquo;une volonté de reconstruire les institutions sur des fondements endogènes, ancrés dans les réalités maliennes plutôt que calqués sur des modèles importés.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Cette volonté se heurte à un paradoxe : les institutions de formation des cadres de l&rsquo;État — l&rsquo;<a href="https://enamali.ml" target="_blank" rel="noreferrer noopener">École nationale d&rsquo;administration (ENA) de Bamako</a>, l&rsquo;Institut national de formation des travailleurs sociaux, les écoles de police et de gendarmerie — continuent de former leurs élèves sur des référentiels hérités de la France coloniale et de la coopération internationale postcoloniale. Le droit administratif enseigné est essentiellement le droit administratif français. Les cas pratiques utilisés sont souvent des cas européens. Les auteurs au programme sont des penseurs occidentaux du management public. Hampâté Bâ n&rsquo;y figure pas, ou marginalement.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Cette lacune n&rsquo;est pas un détail. Elle dit que la réforme administrative reste, dans sa dimension pédagogique, importée — ce qui est exactement le problème qu&rsquo;elle est censée résoudre. Comment former des administrateurs capables de comprendre les logiques sociales du Mali, de naviguer entre les normes formelles de l&rsquo;État et les réalités informelles des communautés, de gérer les conflits d&rsquo;intérêt entre allégeances familiales et obligations professionnelles, si on ne leur donne pas les outils intellectuels pour penser ces tensions ? Hampâté Bâ est précisément cet outil.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">Ce que les deux livres apportent concrètement à la formation administrative</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Laissons de côté les généralités sur la richesse culturelle et africaine. Soyons précis sur ce que ces deux textes apportent, concrètement, à la formation d&rsquo;un administrateur malien du XXIe siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core"><strong>Premier apport : une phénoménologie du conflit d&rsquo;intérêts.</strong> Wangrin est le premier cas d&rsquo;école africain sur la gestion du conflit entre obligations professionnelles et solidarités communautaires. Un administrateur malien, demain, sera confronté à la demande de son oncle, de son chef de village, de son mentor politique de favoriser son dossier. Wangrin lui montre comment cette logique fonctionne, comment elle se justifie à elle-même, et quel prix elle fait payer — à l&rsquo;État, aux autres administrés, et finalement à soi-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core"><strong>Deuxième apport : une théorie de l&rsquo;obéissance et de la résistance éthique.</strong> <em>Oui mon commandant !</em> enseigne que l&rsquo;obéissance à la hiérarchie ne signifie pas l&rsquo;abdication du jugement moral. Il illustre, par des exemples concrets et historiquement situés, comment un agent de l&rsquo;État peut naviguer entre l&rsquo;obéissance formelle aux règles et la fidélité réelle aux populations qu&rsquo;il sert.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core"><strong>Troisième apport : une ethnographie de l&rsquo;administration réelle.</strong> Les deux textes décrivent avec une précision documentaire les pratiques informelles de l&rsquo;administration coloniale — et, par extension, postcoloniale. Ils donnent à l&rsquo;administrateur en formation une grille de lecture de ce que font réellement les administrations africaines, au-delà des organigrammes officiels et des procédures formelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading" data-block-type="core">Proposition concrète : un module Hampâté Bâ dans toutes les écoles d&rsquo;administration</h2>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Cette tribune formule une proposition précise, destinée aux autorités maliennes en charge de la réforme administrative et aux directions des écoles de formation des cadres de l&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core"><strong>Premièrement</strong>, inscrire <em>L&rsquo;Étrange destin de Wangrin</em> et <em>Oui mon commandant !</em> au programme obligatoire de l&rsquo;École nationale d&rsquo;administration de Bamako, des instituts de formation de la police et de la gendarmerie ainsi que des Instituts de formation des maîtres, dans des universités, et de l&rsquo;ensemble des écoles professionnelles formant des agents de l&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core"><strong>Deuxièmement</strong>, développer des extraits et des cas pratiques en bambara et dans les principales langues nationales maliennes, afin que la réflexion sur l&rsquo;éthique administrative atteigne les élèves des formations professionnelles courtes qui ne maîtrisent pas suffisamment le français pour lire les textes originaux. La souveraineté culturelle proclamée par la Transition doit se traduire dans la pédagogie.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core"><strong>Troisièmement</strong>, créer, dans chaque école d&rsquo;administration, une journée annuelle Amadou Hampâté Bâ consacrée à la lecture à voix haute, au débat et à la mise en scène de scènes issues de ses œuvres — une pratique qui ancre la réflexion éthique dans la culture vivante plutôt que dans les procédures abstraites.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core">Amadou Hampâté Bâ avait coutume de dire qu&rsquo;en Afrique, « quand un vieillard meurt, c&rsquo;est une bibliothèque qui brûle ». En inscrivant ses œuvres dans la formation des administrateurs maliens, il s&rsquo;agirait de faire exactement le contraire : rouvrir une bibliothèque que plusieurs décennies de mimétisme institutionnel ont laissée fermée. C&rsquo;est une des contributions les plus durables que la Transition pourrait faire à la refondation de l&rsquo;État malien.</p>



<p class="wp-block-paragraph" data-block-type="core"><strong>F. Togola</strong></p>
<p>L’article <a href="https://foussenitogola.online/2026/07/01/amadou-hampate-ba-ecoles-administration-mali/">Pourquoi Amadou Hampâté Bâ devrait être enseigné dans les écoles d&rsquo;administration du Mali</a> est apparu en premier sur <a href="https://foussenitogola.online">Fousseni Togola : le site officiel de l&#039;écrivain</a>.</p>
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